Accueil - V.I.P. - Ze Blog - Théâtre - Filmographie - Musique - Ecriture - Vidéos - Photos - Presse - Contact

Pierre Desproges. - Jean-Claude Dreyfus - jeanclaudedreyfus.fr

Clip
Pierre Desproges.

Pour les dix ans de sa disparition.. À MORT LE FOOT Voici bientôt quatre longues semaines que les gens normaux, j'entends les gens issus de la norme, avec deux bras et deux jambes pour signifier qu'ils existent, subissent à longueur d'antenne les dégradantes contorsions manchotes des hordes encaleçonnées sudoripares qui se disputent sur le gazon l'honneur minuscule d'être champions de la balle au pied. Voilà bien la différence entre le singe et le footballeur. Le premier a trop de mains ou pas assez de pieds pour s'abaisser à jouer au football. Le football. Quel sport est plus laid, plus balourd et moins gracieux que le football ? Quelle harmonie, quelle élégance l'esthète de base pourrait-il bien découvrir dans les trottinements patauds de vingt-deux handicapés velus qui poussent des balles comme on pousse un étron, en ahanant des râles vulgaires de boeufs éteints. Quel bâtard en rut de quel corniaud branlé oserait manifester sa libido en s'enlaçant frénétiquement comme ils le font par paquets de huit, à grand coups de pattes grasses et mouillées, en ululant des gutturalités simiesques à choquer un rocker d'usine ? Quelle brute glacée, quel monstre décérébré de quel ordre noir oserait rire sur des cadavres comme nous le vîmes en vérité, certain soir du Heysel où vos idoles, calamiteux goalistes extatiques, ont exulté de joie folle au milieu de quarante morts piétinés, tout ça parce que la baballe était dans les bois ? Je vous hais, footballeurs. Vous ne m'avez fait vibrer qu'une fois : le jour où j'ai appris que vous aviez attrapé la chiasse mexicaine en suçant des frites aztèques. J'eusse aimé que les amibes vous coupassent les pattes jusqu'à la fin du tournoi. Mais Dieu n'a pas voulu. Ca ne m'a pas surpris de sa part. Il est des vôtres. Il est comme vous. Il est partout, tout le temps, quoi qu'on fasse et où qu'on se planque, on ne peut y échapper. Quand j'étais petit garçon, je me suis cru longtemps anormal parce que je vous repoussais déjà. Je refusais systématiquement de jouer au foot, à l'école ou dans la rue. On me disait : «Ah, la fille !» ou bien : «Tiens, il est malade», tellement l'idée d'anormalité est solidement solidaire de la non-footabilité. Je vous emmerde. Je n'ai jamais été malade. Quant à la féminité que vous subodoriez, elle est toujours en moi. Et me pousse aux temps chauds à rechercher la compagnie des femmes. Y compris celles des vôtres que je ne rechigne pas à culbuter quand vous vibrez aux stades. Pouf, pouf. Pierre Desproges 16 juin 1986. Extrait de "Chroniques de la haine ordinaire" aux éditions Points catégorie Virgule page 163-164.

Tout simplement génial !!!
Merci Pierrot, et merci JC...
nikhoa (8 months ago)
Dreyfus est un grand acteur mais là...il surjoue, c'est limite vulgaire
anselmej (11 months ago)
c'est trop théâtre c chiant, c'est Desproges pas Racine
JACKTHESMILLER (1 year ago)
Pilepoil, tout juste parfaitement dans le 1 000.

Dreyfuss, lui, est acteur de métier (et bon acteur, je ne sais pas si vous avez vu "délicatessen", mais ça vaut le détour), il fait plus que de citer Desproges, il l'interprête, se l'approprie et finit complètement habité par l'esprit du texte.
Encore mieux que l'original, à mon humble avis.

oui tout à fait il est acteur donc il ne peut pas créér son propre texte.
Et on reconnait, un vrai acteur, à sa capcité à redonner un texte dans l'état initial.
Sans de pseudos mimiques de théâtreux français !

Bien sûr, mais les uns comme les autres se complètent !
Desproges était avant tout un écrivain, et même si ses récitations sont excellentes, celles d'un acteur talentueux comme celui-là sont au moins aussi bonnes.
Non, il ne crée pas mais il interprète.
C'est à peu près la seule reprise d'un texte de Desproges que j'apprécie, c'est assez vivant pour que la haine transparaisse, comme si l'acteur parlait sans réciter.

Je ne suis pas tout à fait d'accord dans la mesure où, si Desproges avait un réel talent pour écrire, peaufiner et enrober ses textes de "longue[s] plainte[s] déchirante[s] pudiquement cachéé[s] sous la morsure cinglante de [son] humour ravageur", j'ai toujours pensé que sa faiblesse résidait dans le language parlé, il "récite" un peu trop à mon goût.

Personnelement, je n'aime pas du tout cette interprétation. Le talent de Desproges réside dans le calme de sa voix. Il n'a pas besoin d'élever le ton, car le texte se suffit.
Ils montre ainsi la force de la parole. Quand d'autres crient pour imposer leur point de vue, il se contentera de choisir le mot juste, qui sans élever la voix, transportera tout un sens et toute une émotion. C'est ce qui me plait en Desproge. C'est pour cela que "surjouée" dénature cette idée et me déplait
Eudokime (2 years ago) 0 Reply
Ah pardon ! Dreyfus est très bon ! Oké, il fait sien le texte de Desproges, il se l'approprie intégralement, mais il y met une rage qui correspond parfaitement à la haine ordinaire qui habitait Desproges.
En revanche, les autres interprétations (Chabat & cie) sont 'achement moins bonnes, ça c'est sûr..



visiofoot
a mort le foot
document

Pierre Desproges. - Jean-Claude Dreyfus - jeanclaudedreyfus.fr
Pierre Desproges. - Jean-Claude Dreyfus - jeanclaudedreyfus.fr
Pierre Desproges
Humoriste français
Né à Pantin le 09 mai 1939
Décédé le 18 avril 1988

 

précédent retour suivant




Annuaire - Mentions Légales - Création Web : monwebsurmesure.com © Jean-Claude Dreyfus - 2009/14